08.12.2009

Mea culpa, mea maxima culpa

Rholala, un mois sans billet, mais qui suis-je pour décevoir ainsi des milliers de lecteurs quotidiens, avides de tout savoir de mes aventures trépidantes au pays des ponchos en poil de lama ? Vraiment, excusez-moi, je suis confuse pour cette absence due à une fracture de neurone, elle-même due à un taux d'alcoolémie moyen un peu trop élevé ce dernier mois...

Je dois dire que de soirée en voyage et de Fernet en Gancia*, le temps a filé bien vite, et il ne me reste plus qu'une semaine ici en Argentine avant de rentrer au bercail juste à temps pour la dinde de Noël.

Ma mission, si je l'accepte, va donc être de poster tous les billets que j'avais prévu de poster (oui parce que parfois, entre deux comas éthyliques (soit entre 9h30 et 9h47 le lundi matin), il m'arrive de penser)**, et ce en 7 jours chrono. Jack Bauer, je suis au regret de te dire que tu as trouvé ton maître.

Alors, attention, j'espère que vous êtes prêts à de la vague d'articles, de la déferlante de billets, du tsunami de posts, va pas falloir s'endormir sur son écran, ça va se succéder plus vite que les choppes de Paris Hilton !

Sur ce, à tout de suite !

 

PS : je vais remettre à jour tous mes liens aussi, donc si vous avez des suggestions de blogs, elles sont les bienvenues...

 

*Les Argentins comprendront... Bon ok, personne comprendra alors. Sauf moi (et c'est pas toujours le cas, alors c'est pas mal).

**Petit message personnel à toutes les personnes faisant partie de ma proche famille : tout ceci est une grosse blague, juste pour amuser les lecteurs, vous savez bien que je ne bois pas la moindre goutte d'alcool et que si je n'avais pas le temps de poster dernièrement, c'est que j'étais en révision intense de partiels. Hein que vous le savez ?? Hein...?

30.10.2009

Le cas legging

Lorsque je suis tombée l'autre jour sur ce billet de Balibulle, ça m'a rappelé qu'il y a un bon moment que je voulais justement vous faire un petit article-témoignage-limite-reportage-du-National-Geographic sur les us et coutumes relatifs au porté de legging de l'autre côté de l'Atlantique. Elle y amorçait un débat tout à fait existentiel sur le statut légal du legging, ma foi fort difficile à départager, qui sonnerait presque comme un sujet de philo au bac : « Le legging : pantalon ou collant ? ».

C'est qu'il y a en effet deux écoles. Tout d'abord, celles qui portent le legging comme un collant, c'est-à-dire avec une robe ou jupe ayant une longueur minimum suffisante pour mériter son nom de robe ou de jupe (disons mi-cuisse, au-dessus de quoi on passe au statut respectivement de tunique ou de micro-jupe voire ceinture), évitant ainsi la désagréable sensation d'avoir le fessier à l'air. Le legging, dans ce cas, ne se différencie donc de son confrère le collant que par le fait qu'il est plus épais, donc plus chaud, et qu'il est coupé aux pieds (donc plus froid, merci la logique féminine, mais bon bref***). De l'autre côté de la force, celles qui le portent comme un pantalon, c'est-à-dire en ayant une totale confiance dans l'épaisseur suffisante de la chose pour ne pas laisser entrevoir le string/tanga/culotte/slop kangourou en-dessous, puisque l'idée est alors de le porter avec de la tunique ou de la microjupe (longueur habituelle : juste sous le pli de la fesse, donc sujet à se soulever au moindre courant d'air et offrir un angle de vue imprenable au pervers du métro qui monte les escaliers juste derrière vous).

Mais attention, scoop : j'ai découvert une troisième tendance. Ou alors une extension de la deuxième tendance (la dite « pantalon », vous suivez ?). Bref. Sur ce beau continent nommé l'Amérique (du Sud comme du Nord), les autochtones portent le legging comme un pantalon, mais un vrai, comme un jean quoi ! En gros, non seulement elles n'ont pas peur de le porter avec de la tunique super courte voire même du t-shirt à peine long, mais elles le portent même en toute simplicité avec un top à peine au-dessous du nombril ! Ne leur parlez même pas de l'option « collant » de la chose : pour elles, porter le legging avec un haut à mi-fesses, c'est déjà être une petite joueuse.

Le legging, pour mes copines argentines, américaines, etc, (mais aussi les anglaises d'ailleurs, qui bien que de notre côté de l'Océan, doivent se laisser influencer par l'Oncle Sam), ça se porte la fesse à l'air, et assumée. Un peu à la Olivia Newton John dans Grease :

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En fait c'est carrément un tregging, avant-gardiste la miss !

Après un premier mois de résistance et un deuxième d'observation, je me suis légèrement laissée influencer et je raccourcis petit à petit la longueur de mes fringues-à-legging. Je vous rassure, étant partie de l'étape 1 (legging = collant), je m'approche à peine de la 2 et reste encore loin de la 3, mais par contre je suis bien contente de savoir enfin comment porter sans prise de tête toutes ces petites tuniques trop courtes que je n'osais pas mettre avant. (J'en profite pour vous montrer quelques unes de mes dernières acquisitions buenos airiennes.)

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Minirobe Lala (Gurruchaga 2209)

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Pull à paillettes Zara

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Tunique Verde Manzana (+ pose de flamant rose et photo floue en options)

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Là ok, on se rapproche dangereusement de l'option "fessier à l'air", mais à vrai dire je ne suis jamais sortie dans la rue comme ça, c'était surtout pour vous montrer mon joli t-shirt déniché dans une boutique branchouille de Montevideo (en Uruguay, pour les fortes en géo) : actitudRAMIREZ

 

 

*oui, il date d'il y a presque un mois, mais je suis légèrement déphasée, la faute au décalage horaire, à la chaleur du printemps austral et à l'excès de Fernet Branca**.

** LA boisson  la plus typique d'Argentine, au goût absolument immonde à mi-chemin entre un vieux pastis de derrière les fagots et un bain de bouche Hextril, mais que tout le monde boit quand même parce que... euh, pourquoi d'ailleurs ?

***Et pour les frileuses qui seraient tentées de compléter le legging avec une bonne paire de chaussettes bien chaudes (style la grosse paire hideuse en laine de lama Quechua ou cette bonne vieille paire de chaussettes Tom et Jerry, ridicules mais si confortables), en pensant planquer le tout discrètement sous des bottes, rappelez-vous qu'on est jamais à l'abri d'être invitée à l'improviste chez des amis qui vous demandent de laisser vos chaussures à l'entrée ! Et là l'effet petit robe sexy risque d'être légèrement cassé par la découverte du forfait chaussettes ! J'dis ça, j'dis rien (ça sent le vécu ??)...

21.10.2009

ValPARaiSO

... o el paraíso del arte.

D'accord, c'est facile. Mais Valparaíso est bel et bien le paradis de l'art, du street art plus exactement, celui qui s'invite à chaque coin de rue, sur chaque parcelle de mur, sur les poteaux électriques, les poubelles, les marches des escaliers, les toits des maisons, et jusque sur les murs d'une ancienne prison.

D'ailleurs, son musée n'en est pas vraiment un, ou plutôt il est LE musée par excellence : un musée à ciel ouvert, un parcours au fil des ruelles, de haut en bas des innombrables escaliers, le long duquel le promeneur contemple ce mélange heureux de tags, de graffitis, de peintures, de fresques, autorisés ou non, plus ou moins officiels, qui donnent à Valparaíso cet air d'éternelle jeunesse.

Cette ville est un poème. Comme si les dessins multicolores des rues n'y suffisaient pas, les maisons ont peint leurs portes de couleurs plus vives les unes que les autres, et des fleurs ont poussé partout, habillant les pierres de rouge, de jaune, de fuchsia. Le tout baigné du bleu omniprésent de l'Océan Pacifique.

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Pour conclure, un poème de Pablo Neruda, grand poète chilien ayant vécu à Valparaíso.

 

Para mi corazón basta tu pecho,
para tu libertad bastan mis alas.
Desde mi boca llegará hasta el cielo
lo que estaba dormido sobre tu alma.

Es en ti la ilusión de cada día.
Llegas como el rocío a las corolas.
Socavas el horizonte con tu ausencia.
Eternamente en fuga como la ola.

He dicho que cantabas en el viento
como los pinos y como los mástiles.
Como ellos eres alta y taciturna.
Y entristeces de pronto, como un viaje.

Acogedora como un viejo camino.
Te pueblan ecos y voces nostálgicas.
Yo desperté y a veces emigran y huyen
pájaros que dormían en tu alma.

 

À mon coeur suffit ta poitrine,
mes ailes pour ta liberté.
De ma bouche atteindra au ciel
tout ce qui dormait sur ton âme.

En toi l'illusion quotidienne.
Tu viens, rosée sur les corolles.
Absente et creusant l'horizon
Tu t'enfuis, éternelle vague.

Je l'ai dit: tu chantais au vent
comme les pins et les mâts des navires.
Tu es haute comme eux et comme eux taciturne.
Tu t'attristes soudain, comme fait un voyage.

Accueillante, pareille à un ancien chemin.
Des échos et des voix nostalgiques te peuplent.
À mon réveil parfois émigrent et s'en vont
des oiseaux qui s'étaient endormis dans ton âme.


Cien poemas de amor y una cancion desesperada / Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée, Pablo Neruda, 1924.